Un journal sur l’expérience Thaï-Cambodge
[Jeudi, 11 janvier] Certaines personnes se demandent pourquoi je voudrais me rendre en Thaïlande et au Cambodge? Quel rapport y a-t-il donc entre Ecclesiax et ce voyage? Il n’y a que… les gens. Et peut-être aussi parce qu’Ecclesiax n’est pas le centre de l’univers ; Dieu aime TOUT le monde…
[Dimanche, 14 janvier] Je suis allé à une église sœur Thai, à Bangkok. Ces gens sont exubérants et ils paient un prix important pour vivre comme chrétiens au sein d’une majorité bouddhiste. L’église m’a demandé de m’avancer et de dire quelques mots avec l’aide d’un traducteur. J’ai souri, puis je leurai dit qu’Ecclesiax, à Ottawa, leur envoyait ses salutations et aussi beaucoup d’amour! J’ai aussi demandé qu’ils prient pour leur église sœur d’Ottawa, au Canada qui, en ce moment même était en train de demander à Dieu de les bénir.
[Lundi, 15 janvier] J’ai passé la matinée à discuter de la Thaïlande et de l’église d’ici avec Dan, Greg et Erin Elford. Tous les quatre, nous nous sommes ensuite rendus dans une des rues principales où une vraie aventure culinaire nous attendait. Vous pouvez y manger un gros repas pour moins d’un dollar (breuvage inclus)!
[Mardi, 16 janvier] Je voulais me promener et prendre de l’air frais, ce qui est impossible à Bangkok puisqu’il n’y a pas d’air frais. J’ai fait le tour des boutiques du marché qui est installé exactement en face de la bâtisse de l’église. Je vois des têtes de porc se faire couper en morceaux, toutes sortes de poissons qui se démènent et des légumes inhabituels que je n’ai jamais vu auparavant. Des hordes de gens font leur shopping. Il y a plein de camions, des centaines de scooters, des automobiles et des bicyclettes. Et tout ça passe en vitesse sur la rue, tout près de ce marché spontané. On y voit aussi des personnes qui cherchent un logement dans une section pauvre de Bangkok, loin des secteurs touristiques. Et c’est là que l’église est installée… je comprends pourquoi.
[Mercredi, 17 janvier] Rencontre d’une journée complète avec des leaders d’églises Thaï. Les dirigeants Thaï ont dit qu’ils étaient très heureux que nous soyons là, leur démontrant notre solidarité. Ils ont dit qu’il leur arrivait parfois de se sentir seuls. Le découragement peut venir – ils doivent lutter. À la fin de la journée, nous avons tous prié ensemble. Après quoi, un des leaders Thaï m’a demandé de partager ma plus grande difficulté et ma plus grande joie concernant l’implantation d’Ecclesiax. J’ai expliqué que ma plus grande difficulté consistait à imaginer que mes idées étaient excellentes sans en avoir parlé à Dieu. Je leur ai ensuite parlé de ma plus grande joie, celle de voir des gens qui n’avaient aucun antécédent religieux se mettre à croire en Dieu. Les leaders Thaï avaient connu ce genre d’émotion. Ils faisaient oui de la tête à mesure que les mots étaient traduits pour eux. Ils m’ont ensuite demandé comment ils pourraient prier pour moi et pour Ecclesiax. Une boule s’est formée dans ma gorge à ce moment-là et j’ai soudainement perdu un peu d’orgueil. Cet instant deviendra un point marquant de mon séjour à Bangkok.
[Jeudi, 18 janvier] En route pour l’aéroport international de Bangkok. À 5h30, je dois monter à bord d’un avion réservé pour nous pour aller au Cambodge. On me dit que je vais avoir l’impression de revenir 50 ou 60 ans en arrière. Je me préparais à me rendre à un mémorial sur les champs mêmes où les tueries s’étaient produites mais rien n’aurait pu me préparer à l’ambiance de cet endroit. Des sépultures massives ou des plaques expliquent ce que chacune des sections de ce camp de la mort faisait il y a 30 ans. J’ai fait le tour de ce « cimetière » à pied, très lentement. Encore aujourd’hui, je me sens mal quand j’y pense; j’en suis resté marqué. Je suis retourné à l’extérieur et je suis demeuré seul pendant quelques minutes, juste pour respirer. J’ai dîné avec Dan et nous avons parlé de notre journée. Nous avons parlé du Cambodge, au sujet de Dieu et à propos de ce que Dieu pourrait bien vouloir nous dire. Nous sommes revenus en marchant sur la rue principale au milieu de milliers de personnes qui se dépêchaient pour aller ici et là. J’ai essayé de m’étendre dans un des hamacs cambodgiens traditionnels. La sensation d’être bercé était agréable mais mon corps se sentait comme s’il était en train d’être modelé sous forme de banane. J’ai alors décidé d’essayer un tapis cambodgien traditionnel, ce que j’ai trouvé un peu dur, mais au moins, mon corps ne se sentait pas remodelé sous une autre forme. La chambre était beaucoup moins chaude que je ne l’avais prévu; en fait, elle était plaisante.
[Samedi, 20 janvier] On m’a demandé de conduire un groupe de 40 dirigeants cambodgiens dans une leçon sur la Bible. Cela m’a ramené des souvenirs d’il y a 20 ans alors que j’enseignais l’anglais à des réfugiés cambodgiens, à Hamilton. Je me suis placé en avant et je me suis incliné en tenant mes mains ensemble en signe de respect et de salutation. Ils se sont aussi inclinés en retour. Ils étaient très souriants pendant que je parlais. Dan donne un enseignement sur l’implantation d’églises urbaines…
[Dimanche, 21 janvier] Dès notre retour à Phnom Penh, nous nous dirigeons vers l’église Khmer. On demande à Dan de parler de Dieu. Nous rencontrons un jeune fondateur d’église qui s’appelle aussi Daniel. Il nous raconte une histoire incroyable au sujet de son voisin qui a tenté de l’abattre avec son pistolet parce qu’il était intervenu alors qu’il battait sa femme. Daniel avait été capable d’arrêter cela, mais cet homme-là était un soldat et il a tiré son pistolet de service et lui a dit : « De quoi te mêles-tu? Maintenant, je vais te tuer! » Et Daniel racontait cette histoire comme s’il s’agissait de quelque chose de normal. J’en suis resté bouche bée et j’ai simplement dit : « Je n’ai aucune histoire de fondation d’église qui ressemble à cela… »
Le révérend Joseph Moreau est pasteur senior de l’Église méthodiste libre Ecclesiax d’Ottawa, Ontario
[Dimanche, 14 janvier] Je suis allé à une église sœur Thai, à Bangkok. Ces gens sont exubérants et ils paient un prix important pour vivre comme chrétiens au sein d’une majorité bouddhiste. L’église m’a demandé de m’avancer et de dire quelques mots avec l’aide d’un traducteur. J’ai souri, puis je leurai dit qu’Ecclesiax, à Ottawa, leur envoyait ses salutations et aussi beaucoup d’amour! J’ai aussi demandé qu’ils prient pour leur église sœur d’Ottawa, au Canada qui, en ce moment même était en train de demander à Dieu de les bénir.
[Lundi, 15 janvier] J’ai passé la matinée à discuter de la Thaïlande et de l’église d’ici avec Dan, Greg et Erin Elford. Tous les quatre, nous nous sommes ensuite rendus dans une des rues principales où une vraie aventure culinaire nous attendait. Vous pouvez y manger un gros repas pour moins d’un dollar (breuvage inclus)!
[Mardi, 16 janvier] Je voulais me promener et prendre de l’air frais, ce qui est impossible à Bangkok puisqu’il n’y a pas d’air frais. J’ai fait le tour des boutiques du marché qui est installé exactement en face de la bâtisse de l’église. Je vois des têtes de porc se faire couper en morceaux, toutes sortes de poissons qui se démènent et des légumes inhabituels que je n’ai jamais vu auparavant. Des hordes de gens font leur shopping. Il y a plein de camions, des centaines de scooters, des automobiles et des bicyclettes. Et tout ça passe en vitesse sur la rue, tout près de ce marché spontané. On y voit aussi des personnes qui cherchent un logement dans une section pauvre de Bangkok, loin des secteurs touristiques. Et c’est là que l’église est installée… je comprends pourquoi.
[Mercredi, 17 janvier] Rencontre d’une journée complète avec des leaders d’églises Thaï. Les dirigeants Thaï ont dit qu’ils étaient très heureux que nous soyons là, leur démontrant notre solidarité. Ils ont dit qu’il leur arrivait parfois de se sentir seuls. Le découragement peut venir – ils doivent lutter. À la fin de la journée, nous avons tous prié ensemble. Après quoi, un des leaders Thaï m’a demandé de partager ma plus grande difficulté et ma plus grande joie concernant l’implantation d’Ecclesiax. J’ai expliqué que ma plus grande difficulté consistait à imaginer que mes idées étaient excellentes sans en avoir parlé à Dieu. Je leur ai ensuite parlé de ma plus grande joie, celle de voir des gens qui n’avaient aucun antécédent religieux se mettre à croire en Dieu. Les leaders Thaï avaient connu ce genre d’émotion. Ils faisaient oui de la tête à mesure que les mots étaient traduits pour eux. Ils m’ont ensuite demandé comment ils pourraient prier pour moi et pour Ecclesiax. Une boule s’est formée dans ma gorge à ce moment-là et j’ai soudainement perdu un peu d’orgueil. Cet instant deviendra un point marquant de mon séjour à Bangkok.
[Jeudi, 18 janvier] En route pour l’aéroport international de Bangkok. À 5h30, je dois monter à bord d’un avion réservé pour nous pour aller au Cambodge. On me dit que je vais avoir l’impression de revenir 50 ou 60 ans en arrière. Je me préparais à me rendre à un mémorial sur les champs mêmes où les tueries s’étaient produites mais rien n’aurait pu me préparer à l’ambiance de cet endroit. Des sépultures massives ou des plaques expliquent ce que chacune des sections de ce camp de la mort faisait il y a 30 ans. J’ai fait le tour de ce « cimetière » à pied, très lentement. Encore aujourd’hui, je me sens mal quand j’y pense; j’en suis resté marqué. Je suis retourné à l’extérieur et je suis demeuré seul pendant quelques minutes, juste pour respirer. J’ai dîné avec Dan et nous avons parlé de notre journée. Nous avons parlé du Cambodge, au sujet de Dieu et à propos de ce que Dieu pourrait bien vouloir nous dire. Nous sommes revenus en marchant sur la rue principale au milieu de milliers de personnes qui se dépêchaient pour aller ici et là. J’ai essayé de m’étendre dans un des hamacs cambodgiens traditionnels. La sensation d’être bercé était agréable mais mon corps se sentait comme s’il était en train d’être modelé sous forme de banane. J’ai alors décidé d’essayer un tapis cambodgien traditionnel, ce que j’ai trouvé un peu dur, mais au moins, mon corps ne se sentait pas remodelé sous une autre forme. La chambre était beaucoup moins chaude que je ne l’avais prévu; en fait, elle était plaisante.
[Samedi, 20 janvier] On m’a demandé de conduire un groupe de 40 dirigeants cambodgiens dans une leçon sur la Bible. Cela m’a ramené des souvenirs d’il y a 20 ans alors que j’enseignais l’anglais à des réfugiés cambodgiens, à Hamilton. Je me suis placé en avant et je me suis incliné en tenant mes mains ensemble en signe de respect et de salutation. Ils se sont aussi inclinés en retour. Ils étaient très souriants pendant que je parlais. Dan donne un enseignement sur l’implantation d’églises urbaines…
[Dimanche, 21 janvier] Dès notre retour à Phnom Penh, nous nous dirigeons vers l’église Khmer. On demande à Dan de parler de Dieu. Nous rencontrons un jeune fondateur d’église qui s’appelle aussi Daniel. Il nous raconte une histoire incroyable au sujet de son voisin qui a tenté de l’abattre avec son pistolet parce qu’il était intervenu alors qu’il battait sa femme. Daniel avait été capable d’arrêter cela, mais cet homme-là était un soldat et il a tiré son pistolet de service et lui a dit : « De quoi te mêles-tu? Maintenant, je vais te tuer! » Et Daniel racontait cette histoire comme s’il s’agissait de quelque chose de normal. J’en suis resté bouche bée et j’ai simplement dit : « Je n’ai aucune histoire de fondation d’église qui ressemble à cela… »
Le révérend Joseph Moreau est pasteur senior de l’Église méthodiste libre Ecclesiax d’Ottawa, Ontario

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