Et si Jésus était le maire et président du conseil?
“Que ferait Jésus s’il était le maire?”, voilà la question sur laquelle se concentre un livre que je suis en train de lire. Ce livre, écrit par Bob Moffitt, s’intitule « If Jesus were mayor » (Et si Jésus était le maire?). Moffitt pose aussi cette question d’une autre façon : « Qu’est-ce qui se passerait si à partir de 9h00, lundi prochain, tous les gens de notre communauté se mettaient à vivre comme Dieu le veut? »
« Ça ne se produira pas? Ça ne sert à rien de parler d’une folie pareille? Il est inutile de poser une question de ce genre? »
J’admets que, comme vous, au début, j’ai trouvé cette question un peu déroutante. Mais, plus j’y pense et plus cela me fait penser à quelques passages bibliques qui reviennent souvent me hanter. Avant de vous en parler, je veux vous raconter une histoire.
Le mois dernier, alors que j’étais en Colombie Britannique, j’ai rencontré les parents de Deyo, Rob et Debbie. Nous avons parlé d’une aventure que cette famille a vécue. En fait c’est leur église au complet qui est impliquée dans cette aventure. “New Heights Church, C.B., est une église méthodiste libre en mission. Après une saison de lutte avec Dieu, Ben, un jeune homme de 19 ans, a pris une décision et ne pouvait plus être dissuadé. Il devait quitter sa belle vie confortable dans sa famille et son quartier où il avait un emploi et une automobile neuve et il devait aller vivre parmi les personnes itinérantes… sur la rue Hastings Est, ce quartier le plus endurci de Vancouver. Il se sentait appelé par Dieu; il en était certain!
Au début, ses parents, le pasteur Greg, et aussi ses amis, se posaient des questions au sujet de son « appel ». East Hastings était vraiment un quartier très dur et ce fut particulièrement difficile à accepter pour Rob et Debbie. Mais, à mesure qu’ils en parlaient et qu’ils priaient à ce sujet, Dieu leur a donné l’assurance qu’Il appelait effectivement leur fils. Le dimanche suivant, Debbie expliqua à la famille de l’église que si nous prêchons un évangile radical à nos gens, nous pouvons nous attendre à ce que Dieu appelle un des nôtres. Et elle ajouta « Il se peut que quelqu’un prie actuellement pour quelqu’un comme notre fils. »
Le jour suivant, Ben est monté à bord du train pour Vancouver. Il n’emportait avec lui qu’un sac de couchage et un manteau chaud (au cas où il devrait dormir dehors), un téléphone cellulaire (pour rassurer ses parents) ainsi que les prières de sa famille et de son église. Ben portait en lui cette assurance bizarre qu’il saurait quoi faire lorsqu’il serait sur place. Il commença donc par trouver le seul contact qu’il avait, soit « Community Builders » (les bâtisseurs de communautés), un organisme chrétien dont il avait entendu dire qu’ils aidaient les « personnes de la rue » à trouver un logement. Puis, il entra et leur dit que Dieu l’avait appelé dans ce secteur.
Essayons un peu d’imaginer la réaction de la directrice! Galina écouta Ben raconter son histoire tout en trouvant difficile de croire ce qu’elle entendait. Elle demanda donc à Ben de lui fournir le numéro de téléphone de son pasteur pour fins de vérification. Par pur hasard… le père de Ben et le pasteur se trouvaient ensemble lorsque la directrice appela. Elle fut donc capable de vérifier l’histoire de Ben avec chacun d’eux.
Cette dame leur dit alors qu’elle avait prié pour qu’une personne (comme Ben) puisse venir les aider en prenant des responsabilités en conciergerie et maintenance des bâtisses où sont hébergés les gens de la rue. Mais, ils n’avaient pas les ressources financières nécessaires pour engager quelqu’un. Et elle ajouta « Quand nous avons rencontré Ben, c’était comme si toutes nos prières (à ce sujet) avaient été exaucées. Donc, j’y crois. »
Quoique nous ne serons pas tous appelés comme Ben l’a été, son histoire et aussi le livre de Bob Moffitt nous lancent un défi de penser sérieusement à des thèmes exposés dans la Bible qui nous rappellent qu’il est important pour Dieu d’amener la paix (une paix sainte, saine, et intègre) pour guérir les blessures des individus, des familles et des communautés.
Considérons maintenant certains de ces passages qui peuvent porter à confusion, passages qui ont été intégrés et vécus de façon authentique par John Wesley (fondateur du méthodisme) et Benjamin Roberts (premier évêque méthodiste libre). Ils ont prié en utilisant les mots de Jésus, « Que ton royaume vienne, que ta volonté soit faite, sur terre comme au ciel » mais n’en sont pas restés là. Ils ont lu les principes du sel et de la lumière concernant la sainteté personnelle et sociale dans Matthieu 5-7; ils ont compris avec sobriété l’avertissement de Jésus qui dit « Quiconque me dit : ‘ Seigneur, Seigneur!’ n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux »; et ils ont influencé leur mouvement à être des personnes généreuses en esprit et qui travailleraient, non seulement à la conversion des cœurs centrés sur eux-mêmes, mais aussi à la transformation des communautés. (Ce sont deux passages qui me dérangent.)
Bob Moffitt pose les questions suivantes dans son livre: “Quel rôle Dieu veut-il que l’église joue? Quelle doit être la contribution de l’église dans la société où Dieu l’a placée? Est-ce avant tout d’amener les gens perdus à Christ? Est-ce d’instruire et encourager les croyants dans la formation spirituelle? Est-ce de défendre les plus vulnérables de la société, exercer un ministère auprès de l’humanité souffrante, ou de s’occuper des injustices sociales que Dieu a en horreur? Ou serait-ce que l’église doit avoir un but plus étendu qui débute avec le salut spirituel mais qui continue à transformer sa culture? »
Voici la réponse sommaire qu’il offre à cette question quelques pages plus loin : « La stratégie de Dieu consiste aussi bien à proclamer la Bonne Nouvelle qu’à démontrer ses bienfaits ». Voilà une réponse que je considère à la lumière de la vision de l’Église méthodiste libre au Canada, en rapport avec notre désir d’avoir des églises saines.
Cela m’amène à un troisième passage dérangeant, dans Matthieu 25.31-46. Nous savons tous que ce passage existe. Nous savons tous que les brebis sont séparées des boucs, les brebis à droite et les boucs à gauche. Nous savons tous que Dieu bénit ceux qui nourrissent les affamés, qui donnent de l’eau à boire aux assoiffés, qui aiment et acceptent les étrangers, qui donnent des vêtements aux démunis, et qui offrent une attention compassionnée aux malades et aux prisonniers. Nous remarquons aussi que Jésus dit essentiellement « d’aller en enfer » aux gens qui sont indifférents face au désespoir des pauvres et des opprimés. Et on peut presque entendre les protestations des gens, « Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom? N’avons-nous pas chassé des démons, accompli plusieurs miracles… » (Matthieu 7.21-23). Et pourtant, Jésus dit qu’ils « commettent l’iniquité » et il les renvoie!
Ce qui m’intrigue est que je ne peux penser à aucun passage parallèle de jugement et de condamnation concernant la question de la proclamation de l’évangile (témoignage, formation de disciples, implantation d’églises). Personne n’a entendu dire qu’ils iront en enfer s’ils ne font pas ces choses et c’est ce qui rend ce passage sur mise en application de l’évangile beaucoup plus dérangeant! Si on met tout ça ensemble, il semble que de « parler » (proclamer) est très maigre si ce n’est précédé et suivi par « des attitudes de compassion et d’action (démonstration) ».
Cela n’a rien de nouveau pour nous, en tant que méthodistes. Il n’y a aucun doute que John Wesley, comme évangéliste, était « pour » le fait de sauver des âmes et « pour » l’implantation des églises. Mais son mot d’ordre était aussi celui-ci : « Faites tout le bien que vous pouvez, par tous les moyens possibles, de toutes les manières que vous le pouvez, partout où vous pouvez le faire, à chaque fois que vous pouvez le faire, pour toutes les personnes possibles, et pour aussi longtemps que vous le pouvez. »
Je crois que le Seigneur a quelque chose à nous dire en tant qu’Église méthodiste libre au Canada au sujet de la recherche de l’équilibre dans notre compréhension du mandat de l’Évangile. Que diriez-vous si nous prenions cette question au sérieux en tant que mouvement : « Qu’arriverait-il si Jésus était le maire de votre communauté, un membre de votre congrégation et même le président de votre conseil officiel? Comment utiliserait-il son influence? Et voudriez-vous toujours être membre de votre congrégation s’il était le président du conseil?
Révérend Keith Elford, évêque de l’Église méthodiste libre au Canada
« Ça ne se produira pas? Ça ne sert à rien de parler d’une folie pareille? Il est inutile de poser une question de ce genre? »
J’admets que, comme vous, au début, j’ai trouvé cette question un peu déroutante. Mais, plus j’y pense et plus cela me fait penser à quelques passages bibliques qui reviennent souvent me hanter. Avant de vous en parler, je veux vous raconter une histoire.
Le mois dernier, alors que j’étais en Colombie Britannique, j’ai rencontré les parents de Deyo, Rob et Debbie. Nous avons parlé d’une aventure que cette famille a vécue. En fait c’est leur église au complet qui est impliquée dans cette aventure. “New Heights Church, C.B., est une église méthodiste libre en mission. Après une saison de lutte avec Dieu, Ben, un jeune homme de 19 ans, a pris une décision et ne pouvait plus être dissuadé. Il devait quitter sa belle vie confortable dans sa famille et son quartier où il avait un emploi et une automobile neuve et il devait aller vivre parmi les personnes itinérantes… sur la rue Hastings Est, ce quartier le plus endurci de Vancouver. Il se sentait appelé par Dieu; il en était certain!
Au début, ses parents, le pasteur Greg, et aussi ses amis, se posaient des questions au sujet de son « appel ». East Hastings était vraiment un quartier très dur et ce fut particulièrement difficile à accepter pour Rob et Debbie. Mais, à mesure qu’ils en parlaient et qu’ils priaient à ce sujet, Dieu leur a donné l’assurance qu’Il appelait effectivement leur fils. Le dimanche suivant, Debbie expliqua à la famille de l’église que si nous prêchons un évangile radical à nos gens, nous pouvons nous attendre à ce que Dieu appelle un des nôtres. Et elle ajouta « Il se peut que quelqu’un prie actuellement pour quelqu’un comme notre fils. »
Le jour suivant, Ben est monté à bord du train pour Vancouver. Il n’emportait avec lui qu’un sac de couchage et un manteau chaud (au cas où il devrait dormir dehors), un téléphone cellulaire (pour rassurer ses parents) ainsi que les prières de sa famille et de son église. Ben portait en lui cette assurance bizarre qu’il saurait quoi faire lorsqu’il serait sur place. Il commença donc par trouver le seul contact qu’il avait, soit « Community Builders » (les bâtisseurs de communautés), un organisme chrétien dont il avait entendu dire qu’ils aidaient les « personnes de la rue » à trouver un logement. Puis, il entra et leur dit que Dieu l’avait appelé dans ce secteur.
Essayons un peu d’imaginer la réaction de la directrice! Galina écouta Ben raconter son histoire tout en trouvant difficile de croire ce qu’elle entendait. Elle demanda donc à Ben de lui fournir le numéro de téléphone de son pasteur pour fins de vérification. Par pur hasard… le père de Ben et le pasteur se trouvaient ensemble lorsque la directrice appela. Elle fut donc capable de vérifier l’histoire de Ben avec chacun d’eux.
Cette dame leur dit alors qu’elle avait prié pour qu’une personne (comme Ben) puisse venir les aider en prenant des responsabilités en conciergerie et maintenance des bâtisses où sont hébergés les gens de la rue. Mais, ils n’avaient pas les ressources financières nécessaires pour engager quelqu’un. Et elle ajouta « Quand nous avons rencontré Ben, c’était comme si toutes nos prières (à ce sujet) avaient été exaucées. Donc, j’y crois. »
Quoique nous ne serons pas tous appelés comme Ben l’a été, son histoire et aussi le livre de Bob Moffitt nous lancent un défi de penser sérieusement à des thèmes exposés dans la Bible qui nous rappellent qu’il est important pour Dieu d’amener la paix (une paix sainte, saine, et intègre) pour guérir les blessures des individus, des familles et des communautés.
Considérons maintenant certains de ces passages qui peuvent porter à confusion, passages qui ont été intégrés et vécus de façon authentique par John Wesley (fondateur du méthodisme) et Benjamin Roberts (premier évêque méthodiste libre). Ils ont prié en utilisant les mots de Jésus, « Que ton royaume vienne, que ta volonté soit faite, sur terre comme au ciel » mais n’en sont pas restés là. Ils ont lu les principes du sel et de la lumière concernant la sainteté personnelle et sociale dans Matthieu 5-7; ils ont compris avec sobriété l’avertissement de Jésus qui dit « Quiconque me dit : ‘ Seigneur, Seigneur!’ n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux »; et ils ont influencé leur mouvement à être des personnes généreuses en esprit et qui travailleraient, non seulement à la conversion des cœurs centrés sur eux-mêmes, mais aussi à la transformation des communautés. (Ce sont deux passages qui me dérangent.)
Bob Moffitt pose les questions suivantes dans son livre: “Quel rôle Dieu veut-il que l’église joue? Quelle doit être la contribution de l’église dans la société où Dieu l’a placée? Est-ce avant tout d’amener les gens perdus à Christ? Est-ce d’instruire et encourager les croyants dans la formation spirituelle? Est-ce de défendre les plus vulnérables de la société, exercer un ministère auprès de l’humanité souffrante, ou de s’occuper des injustices sociales que Dieu a en horreur? Ou serait-ce que l’église doit avoir un but plus étendu qui débute avec le salut spirituel mais qui continue à transformer sa culture? »
Voici la réponse sommaire qu’il offre à cette question quelques pages plus loin : « La stratégie de Dieu consiste aussi bien à proclamer la Bonne Nouvelle qu’à démontrer ses bienfaits ». Voilà une réponse que je considère à la lumière de la vision de l’Église méthodiste libre au Canada, en rapport avec notre désir d’avoir des églises saines.
Cela m’amène à un troisième passage dérangeant, dans Matthieu 25.31-46. Nous savons tous que ce passage existe. Nous savons tous que les brebis sont séparées des boucs, les brebis à droite et les boucs à gauche. Nous savons tous que Dieu bénit ceux qui nourrissent les affamés, qui donnent de l’eau à boire aux assoiffés, qui aiment et acceptent les étrangers, qui donnent des vêtements aux démunis, et qui offrent une attention compassionnée aux malades et aux prisonniers. Nous remarquons aussi que Jésus dit essentiellement « d’aller en enfer » aux gens qui sont indifférents face au désespoir des pauvres et des opprimés. Et on peut presque entendre les protestations des gens, « Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom? N’avons-nous pas chassé des démons, accompli plusieurs miracles… » (Matthieu 7.21-23). Et pourtant, Jésus dit qu’ils « commettent l’iniquité » et il les renvoie!
Ce qui m’intrigue est que je ne peux penser à aucun passage parallèle de jugement et de condamnation concernant la question de la proclamation de l’évangile (témoignage, formation de disciples, implantation d’églises). Personne n’a entendu dire qu’ils iront en enfer s’ils ne font pas ces choses et c’est ce qui rend ce passage sur mise en application de l’évangile beaucoup plus dérangeant! Si on met tout ça ensemble, il semble que de « parler » (proclamer) est très maigre si ce n’est précédé et suivi par « des attitudes de compassion et d’action (démonstration) ».
Cela n’a rien de nouveau pour nous, en tant que méthodistes. Il n’y a aucun doute que John Wesley, comme évangéliste, était « pour » le fait de sauver des âmes et « pour » l’implantation des églises. Mais son mot d’ordre était aussi celui-ci : « Faites tout le bien que vous pouvez, par tous les moyens possibles, de toutes les manières que vous le pouvez, partout où vous pouvez le faire, à chaque fois que vous pouvez le faire, pour toutes les personnes possibles, et pour aussi longtemps que vous le pouvez. »
Je crois que le Seigneur a quelque chose à nous dire en tant qu’Église méthodiste libre au Canada au sujet de la recherche de l’équilibre dans notre compréhension du mandat de l’Évangile. Que diriez-vous si nous prenions cette question au sérieux en tant que mouvement : « Qu’arriverait-il si Jésus était le maire de votre communauté, un membre de votre congrégation et même le président de votre conseil officiel? Comment utiliserait-il son influence? Et voudriez-vous toujours être membre de votre congrégation s’il était le président du conseil?
Révérend Keith Elford, évêque de l’Église méthodiste libre au Canada

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