Thursday, May 03, 2007

Les champs de tuerie deviennent des champs de récolte

Le Pasteur Sok Em, à Kampong Chnang, au Cambodge, a récemment envoyé un rapport de l’Association évangélique du Cambodge. Leur secrétaire général a confirmé qu’il y avait plus de 2,000 églises au Cambodge (15 millions) dont 235 églises dans la capitale, Phnom Penh (1.7 million). Il s’agit donc plus ou moins d’une église par 7-8,000 personnes. Quelle croissance phénoménale si on considère qu’il n’y avait probablement qu’une poignée d’églises en 1990, lorsque le Cambodge a commencé à s’ouvrir sur le monde extérieur.

En comparaison, le Québec a une église évangélique pour 10,000 personnes et l’Ontario a une église pour 3,500 personnes alors que le reste du Canada possède une église pour chaque 2,000 personnes.

Le révérend Heng Cheng, leur secrétaire général, continuait en disant que moins de 2% de ces églises étaient capables de soutenir un pasteur à temps plein et que parmi les individus identifiés comme pasteurs de ces congrégations, au moins 80% d’entre eux ne pouvaient être considérés comme des dirigeants chrétiens adéquats.

Il parle d’un pasteur qui est venu inscrire son église dans l’AEC. Lors de son entrevue, il était apparent que l’homme avait très peu de connaissances sur Dieu ou la Bible. Le révérend Heng lui demanda comment il était devenu pasteur. L’homme répliqua qu’il n’y avait personne pour diriger ce groupe particulier de personnes. Il s’est donc présenté et le groupe fut unanime pour le nommer pasteur.

Dans ce même rapport, le révérend Heng raconte une autre histoire concernant une certaine église de la province de Kampong Som . Dans cette église, il y avait une femme malade et le pasteur et les autres dirigeants pensaient qu’elle était possédée du démon. Ils ont attaché ses bras et ses jambes et l’ont fouettée afin de chasser le démon de son corps. La femme réussit toutefois à s’échapper et rapporta aux autorités que le pasteur et les anciens l’avaient fouettée. L’église eut à faire face à de sérieux problèmes.

C’est dans ce contexte que le Pasteur Joseph Moreau d’Ecclesiax EML d’Ottawa et moi-même avons visité dernièrement le Cambodge. Lors d’une rencontre avec le révérend Joel Margin, directeur de l’équipe méthodiste libre, un pasteur d’expérience des Philippines et qui a aussi vécu au Cambodge depuis les huit dernières années, il a confirmé le rapport que je viens de mentionner. Il y a plus de chrétiens et d’églises qu’il y a de leaders pour les former comme disciples, ce qui est la source d’inquiétudes importantes.

Voici le pasteur Sok et Savy Em. C’est le pasteur Sok qui a débuté le travail d’implantation d’églises au Cambodge, au début des années 90, alors qu’il demeurait au Canada et y était toujours pasteur.

Lui et sa femme, Savy, ont récemment laissé leurs enfants adultes en arrière, au Canada, et déménagé dans la ville de Kampong Chnang, à environ deux heures au Nord de Phnom Penh. Ils travaillent avec d’autres leaders chrétiens matures pour établir un programme de formation modulaire pour les pasteurs laïques. Un programme résidentiel biblique interconfessionnel de qualité d’une durée de trois ans au niveau collégial, est offert aux étudiants, à Phnom Penh. Un flot constant de pasteurs formés continue d’en sortir mais leur nombre n’est tout simplement pas suffisant pour combler les besoins de directeurs entraînés dans toutes ces églises. Par contre, le « Tahas Bible Institute », est conçu pour offrir des programmes pratiques de 2-3 semaines en connaissances bibliques et en aptitudes pastorales, à son centre de formation de Kampong Chnang, à intervalles de quelques mois.

Des pasteurs laïques vont continuer de travailler dans leurs propres villages en subvenant à leurs besoins personnels. Le pasteur Sok Emm rendra visite à ces pasteurs de la région avoisinante pour servir de mentor concernant leurs situations ministérielles particulières.

Le rôle et le plan ministériel du Pasteur Sok Em n’est pas tout à fait conventionnel mais cela répond à la situation spécifique du Cambodge pour le moment. Quoiqu’il soit un ministre ordonné de l’Église méthodiste au Canada, il a reçu la permission de travailler avec « Mission to Unreached Peoples » (mission pour les peuples non évangélisés) au Cambodge, une petite organisation missionnaire para-église. C’est à cette organisation qu’il doit rendre des comptes pour ses finances et ses objectifs ministériels.

Le soutien de l’affectation ministérielle des Em au Cambodge sera assuré par des églises et des individus qui désirent voir cette sorte de formation contribuer à la croissance du Royaume de Dieu au Cambodge.

Étant donné notre implication à long terme avec le pasteur Sok Em et l’œuvre ML au Cambodge, lui et son épouse ont reçu notre approbation comme missionnaires à court terme de l’Église méthodiste libre au Canada. Vous trouverez de l’information à leur sujet, y compris leurs besoins ministériels, sur notre site Web [www.fmc-canada.org].

En novembre 2006, le pasteur Em a donné un cours d’une semaine sur les pratiques ministérielles pastorales (Pastoral Ministry Practices ) à 10 pasteurs et dirigeants méthodistes libres. Le cours a été offert à Prek Thei, le village natal de Sok. C’est là qu’il avait implanté une première église méthodiste libre au Cambodge. Joel Margin, le directeur de l’équipe ML, nous a confirmé que le fait d’avoir un leader chrétien mature qui enseigne un cours comme celui-là en langue Kmer et dans ce contexte culturel constitue un atout majeur pour les leaders. Ce partenariat de développement du leadership entre Sok Em et l’Église méthodiste libre au Cambodge est une promesse de réussite pour l’avenir.

Le révérend Dan Sheffield est directeur des Ministères mondiaux et interculturels pour l’Église méthodiste libre au Canada.

Un journal sur l’expérience Thaï-Cambodge

[Jeudi, 11 janvier] Certaines personnes se demandent pourquoi je voudrais me rendre en Thaïlande et au Cambodge? Quel rapport y a-t-il donc entre Ecclesiax et ce voyage? Il n’y a que… les gens. Et peut-être aussi parce qu’Ecclesiax n’est pas le centre de l’univers ; Dieu aime TOUT le monde…

[Dimanche, 14 janvier] Je suis allé à une église sœur Thai, à Bangkok. Ces gens sont exubérants et ils paient un prix important pour vivre comme chrétiens au sein d’une majorité bouddhiste. L’église m’a demandé de m’avancer et de dire quelques mots avec l’aide d’un traducteur. J’ai souri, puis je leurai dit qu’Ecclesiax, à Ottawa, leur envoyait ses salutations et aussi beaucoup d’amour! J’ai aussi demandé qu’ils prient pour leur église sœur d’Ottawa, au Canada qui, en ce moment même était en train de demander à Dieu de les bénir.

[Lundi, 15 janvier] J’ai passé la matinée à discuter de la Thaïlande et de l’église d’ici avec Dan, Greg et Erin Elford. Tous les quatre, nous nous sommes ensuite rendus dans une des rues principales où une vraie aventure culinaire nous attendait. Vous pouvez y manger un gros repas pour moins d’un dollar (breuvage inclus)!

[Mardi, 16 janvier] Je voulais me promener et prendre de l’air frais, ce qui est impossible à Bangkok puisqu’il n’y a pas d’air frais. J’ai fait le tour des boutiques du marché qui est installé exactement en face de la bâtisse de l’église. Je vois des têtes de porc se faire couper en morceaux, toutes sortes de poissons qui se démènent et des légumes inhabituels que je n’ai jamais vu auparavant. Des hordes de gens font leur shopping. Il y a plein de camions, des centaines de scooters, des automobiles et des bicyclettes. Et tout ça passe en vitesse sur la rue, tout près de ce marché spontané. On y voit aussi des personnes qui cherchent un logement dans une section pauvre de Bangkok, loin des secteurs touristiques. Et c’est là que l’église est installée… je comprends pourquoi.

[Mercredi, 17 janvier] Rencontre d’une journée complète avec des leaders d’églises Thaï. Les dirigeants Thaï ont dit qu’ils étaient très heureux que nous soyons là, leur démontrant notre solidarité. Ils ont dit qu’il leur arrivait parfois de se sentir seuls. Le découragement peut venir – ils doivent lutter. À la fin de la journée, nous avons tous prié ensemble. Après quoi, un des leaders Thaï m’a demandé de partager ma plus grande difficulté et ma plus grande joie concernant l’implantation d’Ecclesiax. J’ai expliqué que ma plus grande difficulté consistait à imaginer que mes idées étaient excellentes sans en avoir parlé à Dieu. Je leur ai ensuite parlé de ma plus grande joie, celle de voir des gens qui n’avaient aucun antécédent religieux se mettre à croire en Dieu. Les leaders Thaï avaient connu ce genre d’émotion. Ils faisaient oui de la tête à mesure que les mots étaient traduits pour eux. Ils m’ont ensuite demandé comment ils pourraient prier pour moi et pour Ecclesiax. Une boule s’est formée dans ma gorge à ce moment-là et j’ai soudainement perdu un peu d’orgueil. Cet instant deviendra un point marquant de mon séjour à Bangkok.

[Jeudi, 18 janvier] En route pour l’aéroport international de Bangkok. À 5h30, je dois monter à bord d’un avion réservé pour nous pour aller au Cambodge. On me dit que je vais avoir l’impression de revenir 50 ou 60 ans en arrière. Je me préparais à me rendre à un mémorial sur les champs mêmes où les tueries s’étaient produites mais rien n’aurait pu me préparer à l’ambiance de cet endroit. Des sépultures massives ou des plaques expliquent ce que chacune des sections de ce camp de la mort faisait il y a 30 ans. J’ai fait le tour de ce « cimetière » à pied, très lentement. Encore aujourd’hui, je me sens mal quand j’y pense; j’en suis resté marqué. Je suis retourné à l’extérieur et je suis demeuré seul pendant quelques minutes, juste pour respirer. J’ai dîné avec Dan et nous avons parlé de notre journée. Nous avons parlé du Cambodge, au sujet de Dieu et à propos de ce que Dieu pourrait bien vouloir nous dire. Nous sommes revenus en marchant sur la rue principale au milieu de milliers de personnes qui se dépêchaient pour aller ici et là. J’ai essayé de m’étendre dans un des hamacs cambodgiens traditionnels. La sensation d’être bercé était agréable mais mon corps se sentait comme s’il était en train d’être modelé sous forme de banane. J’ai alors décidé d’essayer un tapis cambodgien traditionnel, ce que j’ai trouvé un peu dur, mais au moins, mon corps ne se sentait pas remodelé sous une autre forme. La chambre était beaucoup moins chaude que je ne l’avais prévu; en fait, elle était plaisante.

[Samedi, 20 janvier] On m’a demandé de conduire un groupe de 40 dirigeants cambodgiens dans une leçon sur la Bible. Cela m’a ramené des souvenirs d’il y a 20 ans alors que j’enseignais l’anglais à des réfugiés cambodgiens, à Hamilton. Je me suis placé en avant et je me suis incliné en tenant mes mains ensemble en signe de respect et de salutation. Ils se sont aussi inclinés en retour. Ils étaient très souriants pendant que je parlais. Dan donne un enseignement sur l’implantation d’églises urbaines…

[Dimanche, 21 janvier] Dès notre retour à Phnom Penh, nous nous dirigeons vers l’église Khmer. On demande à Dan de parler de Dieu. Nous rencontrons un jeune fondateur d’église qui s’appelle aussi Daniel. Il nous raconte une histoire incroyable au sujet de son voisin qui a tenté de l’abattre avec son pistolet parce qu’il était intervenu alors qu’il battait sa femme. Daniel avait été capable d’arrêter cela, mais cet homme-là était un soldat et il a tiré son pistolet de service et lui a dit : « De quoi te mêles-tu? Maintenant, je vais te tuer! » Et Daniel racontait cette histoire comme s’il s’agissait de quelque chose de normal. J’en suis resté bouche bée et j’ai simplement dit : « Je n’ai aucune histoire de fondation d’église qui ressemble à cela… »

Le révérend Joseph Moreau est pasteur senior de l’Église méthodiste libre Ecclesiax d’Ottawa, Ontario

Vous avez été traités généreusement; vivez donc généreusement… Cela ressemble tout à fait à Jésus!

Si on vous demandait de mettre au point le thème de la prochaine conférence générale, que choisiriez-vous? Nous avons eu d’excellentes conférences générales dans le passé et les thèmes utilisés n’étaient pas moins formidables : « Appelés à parler de Jésus partout, en tout lieu, en tout temps, de toutes les façons possibles » [2005]; « Notre passion : Jésus et ceux qu’Il aime » [2002]; « Habiletés par Christ, construisons son Royaume » [1999], etc. Mais, voici venu le temps de nous préparer pour la Conférence générale 2008. Voici le thème que nous avons découvert : « Vous avez été traités généreusement; vivez donc généreusement… Cela ressemble tout à fait à Jésus! »

« Il s’agit donc pas d’argent? Et quel est donc le collecteur de fonds qui a eu cette brillante idée? » me direz-vous. En fait, il ne s’agit pas d’argent mais plutôt de ce que Jésus a dit dans ses derniers commentaires aux douze apôtres lorsqu’il les a envoyés dans leur première mission. On trouve cette histoire dans Matthieu 10.8 : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

Si vous lisez cette phrase en pensant au texte d’Eugène Peterson, « The Message », vous lirez ceci : « Jésus envoya ses douze ouvriers en leur recommandant ce qui suit : Ne commencez pas en allant dans des endroits éloignés pour convertir les incroyants. Ne prenez pas un air dramatique en vous attaquant à quelque ennemi public. Allez vers les personnes perdues, confuses, qui sont tout très, dans le voisinage. Dites-leur que le Royaume est tout près. Apportez la santé aux malades. Ressuscitez les morts. Touchez aux intouchables. Expulsez les démons. Vous avez été traités de façon généreuse; vivez donc généreusement. »

Vous voyez déjà que notre emphase ne portera pas tellement sur l’argent mais plutôt sur une générosité passionnée de l’esprit qui se préoccupe des choses qui ont préoccupé Jésus. Lorsque nous avons choisi ce thème, nous avons retenu la phrase « Vous avez été traités de façon généreuse; vivez donc généreusement ». C’est ensuite que nous avons ajouté le commentaire « Cela ressemble tout à fait à Jésus! » pour nous assurer que notre compréhension de la générosité serait centrée sur Celui qui est le meilleur exemple de « générosité de l’esprit » (ou générosité spirituelle).

Tout cela a démarré l’automne dernier lorsque le Conseil d’administration (CA) a pris le temps de décortiquer la question « Pourquoi tenons-nous des conférences générales? » Les membres du Conseil ont alors retenu les six objectifs suivants pour la Conférence générale 2008.

• Pour adorer Dieu et prier ensemble en tant que dirigeants
• Pour susciter l’implication et donner un nouveau souffle à notre mouvement
• Pour instruire les leaders et les personnes influentes
• Pour construire des relations interpersonnelles
• Pour célébrer notre diversité et ce que Dieu a accompli
• Pour s’occuper des affaires de l’Organisation

Quelles belles raisons d’organiser une réunion! Le Comité de planification de la Conférence générale et l’Équipe nationale de leadership ont fait confiance à Dieu pour qu’il nous aide dans notre planification afin qu’après la fermeture de la Conférence générale 2008, les pasteurs et les dirigeants d’églises locales de partout au Canada retournent dans leurs congrégations et dans leurs communautés après s’être engagés à vivre de façon généreuse, tout comme Jésus l’a fait quand il a marché parmi nous. [La générosité de l’esprit est en fait un thème que nous retrouvons partout dans les Écritures. À chaque fois qu’on y parle de la grâce, les Écritures décrivent ce dont nous parlons ici : la générosité de l’esprit.]

Pour pouvoir travailler efficacement tout en mettant ces objectifs de l’avant pour obtenir une réunion sérieuse, cela signifiait en fait que le Comité de planification de la Conférence générale devait proposer des ajustements quant à la façon de procéder lors de cette rencontre de la Conférence générale. Nous avons bien compris que si nous voulions libérer du temps pour des « sessions d’enseignement », nous ne pouvions nous permettre d’entendre autant de comités d’étude. Il y avait donc un besoin urgent d’établir des priorités. Si le temps est limité, quels sont les sujets essentiels qu’une conférence générale doit traiter si l’Église méthodiste libre au Canada veut être un mouvement de Dieu qui soit sain? Voici donc les comités d’étude que le Conseil d’administration a retenus :

• Des églises saines – ici et au-delà
• Développer/former des dirigeants pieux pour aujourd’hui et demain
[Comité d’éducation, d’orientatiom et de placement]
• La générosité – un style de vie
• Penser/analyser sérieusement la Vérité de Dieu
[Commission d’étude sur la doctrine]

Étant donné le changement dans le nombre des comités d’étude, nous pourrons consacrer plus de temps à des périodes d’enseignement. Le révérend Bruxy Cavey, qui est le pasteur enseignant de « The Meeting House », une église à sites multiples des Frères en Christ du grand Toronto métropolitain, a accepté notre invitation comme orateur. Si vous n’avez pas entendu parler de lui, il est un communicateur canadien que le Seigneur utilise sur les campus universitaires, dans les écoles secondaires, dans les conférences de dirigeants d’églises. Il est en demande dans des églises, partout en Amérique du Nord. Il a même été invité à des émissions de télévision et de radio où il parle habilement de sujets controversés qui constituent un défi. Il y parle toujours avec la conviction que le message de Jésus est particulièrement pertinent, relationnel et transformant. Il est l’auteur d’un livre intitulé « The End of Religion » (la fin de la religion).

Nous espérons aussi pouvoir inscrire à l’agenda de la conférence une période de temps où nous pourrons répondre à des questions d’ordre général. Une bonne façon de créer cette opportunité serait que des résolutions soient soumises par les églises locales ou par des membres en particulier, avant la conférence.

Vous pouvez visiter le site Web de la Conférence générale afin de trouver plus d’information à ce sujet au fur et à mesure qu’elle deviendra disponible :http://www.fmc-canada.org/french/Conference-Generale/conference-generale_index.html. Cette conférence se tiendra du 16 au 19 mai à l’endroit suivant : Toronto Airport Marriott Hotel.

Je vous invite à vous joindre à nous pour prier afin que Dieu nous accorde sa présence généreuse dans tout ce qui concerne cet événement important.

Le révérend Keith Elford est l’évêque de l’Église méthodiste libre au Canada.