Friday, November 10, 2006

Le coeur d’un mentor

L’apôtre Paul était assis dans une cellule de prison à peine éclairée, sachant que bientôt, plus tôt que plus tard, le sabre du bourreau s’élancerait dans les airs et il serait propulsé dans l’éternité. Il n’aurait plus à voir Jésus à travers un verre foncé; il le verrait alors face à face… Il serait enfin chez-lui.

Sa vie avait été intense et remplie d’aventures. Après une carrière académique brillante en tant qu’intellectuel juif, il avait été arrêté par le Seigneur Jésus lui-même dans une rencontre dramatique sur la route de Damas. Cela l’avait tout bonnement largué dans un ministère interculturel, des expériences mystiques avec le Seigneur et des batailles de mots avec les Pharisiens quand ce n’était pas avec des collègues du ministère de l’Église. Quelle vie époustouflante il avait eu! Mais la fin s’annonçait proche pour lui. Il lui restait toutefois une lettre à écrire. Donc, de la plume au parchemin, Paul, le mentor, parla à cœur ouvert à Timothée, son disciple.

À chaque fois que Paul priait, la figure de Timothée s’imposait à lui. Ils avaient voyagé des centaines de kilomètres géographiques ensemble en conversant et le simple fait de penser à lui lui faisait monter une boule dans la gorge. La dernière fois qu’ils s’étaient dits au revoir, Timothée, qui était devenu un associé missionnaire mature et éprouvé, avait sangloté. Comme il le manquait et combien il avait de la peine pour lui.

Le coeur de Paul était lourd parce qu’il semblait que l’enthousiasme de Timothée pour son rôle, dans ce que Dieu était en train de faire, semblait avoir commencé à s’épuiser. Sa motivation pour atteindre les gens était chancelante. Il n’était plus lui-même; sa passion, qui avait déjà brûlé si ardemment n’était plus que des braises, des charbons incandescents en voie de devenir des cendres froides. (Les charbons ardents sont parfaits pour des « Kum-Ba-Ya », pour faire des feux et y rôtir des guimauves, mais ils ne projettent pas beaucoup de lumière sur les ombres ténébreuses!)

La deuxième lettre de Paul à Timothée est une lettre cœur à cœur d’un mentor pour ranimer la passion. La mise est importante puisque Timothée est la seule personne sur qui Paul peut compter pour porter le ministère d’Asie à son prochain niveau. Il ouvre donc son cœur en fournissant une image à Timothée. « Ranime la flamme du don de Dieu qui est en toi! » (2 Timothée 1.6). Le vieux guerrier lui-même avait sûrement connu des périodes de découragement et de distraction, des conditions qui enrobent l’apathie autour du cœur d’une personne. Cette lettre remplie d’inquiétude profonde pour un de ses plus chers collègues et le plus proche de ses jeunes amis nous offre un exemple classique de l’approche multidimensionnelle d’un mentor efficace pour lancer un défi contre l’apathie et ranimer les flammes du cœur, surtout un cœur qui est tenté de demeurer douillettement dans une communauté confortable de charbons et de tout simplement « briller pour Jésus ».

Peut-être que vous trouverez la lettre de Paul utile pour ranimer la flamme dans votre cœur. (Je trouve que le fait de lire les deux lettres de Paul à Timothée en une seule lecture sont aussi utiles quand la vie a besoin d’une mise au point.) Il est important de se rappeler toutefois qu’il ne crie pas après Timothée en utilisant des lettres majuscules, en soulignant des mots et en utilisant des points d’exclamation. Il a une boule dans la gorge et, sous l’onction du Saint-Esprit et il s’adresse à son plus jeune ami qu’il aime. Voici ce que Paul présente à Timothée.

1. Souviens-toi qu’il y a des personnes qui t’aiment, qui croient en toi et qui n’ont cessé de prier pour toi depuis des années. Qui, entre autres? … comme moi, tout le temps, et comme des membres de ta famille. (2 Timothée 1.3-5)

2. Souviens-toi que Dieu t’a doué d’une façon unique. Il ne s’agit pas des autres et de leurs dons; tu connais tes propres dons. Demeure centré sur ces dons et laisse-les s’embraser! (V. 6)

3. La peur, sous quelque forme que ce soit, excepté la crainte de Dieu, qui est une sainte révérence, n’est pas de Dieu. Son Esprit a rempli ton esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi. Je sais que tu possèdes cela; je l’ai vu. Libère ces dons à nouveau puisque quand ils se déversent, Jésus brille, il se manifeste à travers ce que tu es. (V. 7)

4. N’essaie pas de porter tout le fardeau du ministère tout seul. Tu n’en serais pas capable. Crois profondément en la grâce et tu ne t’inquièteras pas de ce que les autres pensent. Tu auras la perspective de Dieu sur la souffrance. Souffrir n’est pas la pire chose qui puisse t’arriver, ni la mort. En fait, les deux font partie de l’expérience chrétienne. Ce qui serait pire, ce serait de perdre ta passion. (V. 8-12)

5. N’oublie pas les vérités primordiales de l’Évangile que je t’ai expliquées, que tu m’as vu vivre et que tu m’as entendu enseigner. Ne te contente pas de laisser tourner des idées dans ta tête. Conserve ces choses dans ton cœur où le Saint-Esprit peut continuer d’insuffler de la vie, de même qu’en toi. (V. 13-14)

6. Ne te laisse pas distraire par les mauvais choix que les autres font. Demeure centré sur Dieu. Reconnais les personnes surprenantes que Dieu t’envoie pour t’encourager et reçois ce qu’ils te donnent alors qu’ils marchent avec toi.

Fin du Chapitre 1. Assez fort, n’est-ce pas? Continuez de lire les chapitres 2 à 4 ou l’intensité augmente.

S’il y a parmi vous des personnes qui ont des dons qui doivent être ranimés en flammes, j’espère que vous lisez ceci et que vous le recevez.

Y a-t-il parmi vous, dans votre sphère d’influence (qui est peut-être même plus âgé que vous) et qui est en train de perdre son « feu »? Dieu veut peut-être vous utiliser comme mentor pour marcher avec eux et leur parler au sujet de leur vie. Élevez-les à Dieu en prière et écoutez ce que l’Esprit stimule dans votre Coeur. Quand vous aurez compris et que le moment sera le bon, laissez votre amour se déverser, et humblement, commencez à marcher et à écouter, puis éventuellement à parler avec eux.


Le révérend Keith Elford est l’évêque de L’Église méthodiste libre au Canada

Des églises partenaires en mission

« Que Dieu vous bénisse abondamment! C’est très plaisant d’avoir la capacité de vous inclure à chaque année et nous vous remercions pour votre aide. » Ce sont les mots du pasteur Nito Castro Vilarino, un méthodiste libre espagnol qui implante des églises à Madrid. L’été dernier, pour la deuxième année, une équipe canadienne de jeunes adultes a travaillé aux côtés de Nito et Lili pour rejoindre les jeunes marginaux dans un parc de la banlieue.

Ce partenariat a débuté il y a trois ans lorsqu’une équipe d’exploration méthodiste libre canadienne a rencontré Nito et Lili afin de comprendre leur vision du ministère. Depuis les deux dernières années, l’église méthodiste libre de Westport, en Ontario, a envoyé des leaders d’équipe, Ike et Kathy Doornekamp pour consolider la relation et apporter leur contribution à ce ministère. Chris Crozier, le fis du pasteur Rusty Crozier, de Westport, faisait partie de la première équipe en 2005. Il est retourné à Madrid pour travailler avec Nito et Lili durant 6 mois.

Étant donné la situation internationale, nous devons réaliser que l’hémisphère Sud est devenu le centre du monde chrétien. Les chrétiens Nord Américains, post-modernes, post-chrétienté, sont en train de perdre toute l’influence qu’ils avaient uniquement parce qu’ils étaient des « chrétiens de l’Ouest ».

Les chrétiens d’Amérique latine, les Africains, les Asiatiques prennent les devants et sont en train d’évangéliser leurs propres pays et des groupes de personnes. En quoi leur approche est-elle différente? C’est qu’ils demandent aux chrétiens Nord Américains de leur aider dans cette tâche plutôt que de le faire de façon indépendante.

Paul Gupta, le président de ‘Hindustan Bible Institute’, aux Indes a dit: “Si nous voulons développer des environnements d’interdépendance plus sains, nous devons comprendre que nous sommes tous rendus à la même page. Nous sommes tous dépendants. Nous devons donc penser globalement et nous devons trouver des façons de travailler ensemble afin de créer une synergie qui fera une différence. Nous devons développer des systèmes de confiance mutuelle et de redevabilité. »

Les principes qui suivent concernant la mission sont contenus dans le modèle du partenariat : 1) Dieu donne la vision, les dons et les ressources à toutes les parties de Son corps, que ce soit au Canada ou au Cambodge; 2) la Grande Commission disait d’aller partager l’histoire de Jésus à tous les peuples, que ce soit au Canada ou au Cameroun. Cela signifie donc, dans notre monde de globalisation, que toute la famille des disciples de Jésus doit être impliquée et tous doivent travailler ensemble à la mission de l’Église. Chacune des parties de la famille doit mettre sur la table sa vision, ses dons et ses ressources.
Un partenariat de développement dans le ministère chrétien est une relation de coopération entre deux corps autonomes où chacun permet à l’autre de grandir dans sa capacité d’initier et d’apporter les changements appropriés pour favoriser l’évangélisation. Notre expérience nous a démontré que les églises canadiennes impliquées dans des partenariats bénéficient autant du partenariat que leurs partenaires internationaux.

Les partenariats de développement doivent avoir trois caractéristiques : des relations interpersonnelles, une vision, et des résultats. Les relations sont le moyen par lequel la confiance, la communication et la collaboration sont rendues possibles. « Nous connaissons-nous assez les uns, les autres, pour nous respecter et être assurés de la contribution de chacun des partenaires à l’ensemble? » La vision doit inclure une image convaincante de ce que le partenariat peut accomplir et comment on va s’y rendre. « Que pouvons-nous faire ensemble pour le Royaume et comment allons-nous nous y prendre? » Quant aux résultats, les partenaires doivent démontrer par « ce qu’ils réussissent à produire » qu’ils sont capables de délivrer des résultats tangibles.

Les partenariats établis entre des congrégations locales et des ministères internationaux représentent une opportunité unique pour l’implication de l’église dans les missions. Ces partenariats prennent toutes les ressources disponibles concernant l’éducation missionnaire, la sensitivité culturelle et concernant la mobilisation d’une église locale et des données des Ministères mondiaux et les intègrent en une expression détaillée de la vie de l’église locale en mission.

Durant l’été 2006, l’église Ricelawn FMC, à Welland, en Ontario, a envoyé le Pasteur Bob Snider Coloumbe à Taipei, Taiwan dans un voyage exploratoire. L’église Ricelawn est en train d’analyser la possibilité d’un partenariat à long terme avec l’église à Taipei, une des villes portes d’entrée déjà identifiées. Chris et Terri ont passé 6 semaines à travailler aux côtés du pasteur Daniel Lo de la Mu Cha FMC, pendant que Bob et Germain passaient quelques semaines à Taipei et dans les régions périphériques. De cette première visite, un partenariat ministériel est en train de se développer.

L’église méthodiste libre de Barrie a envoyé une équipe d’exploration à Accra, au Ghana, l’été dernier. Et, cette année, John-Mark et Loreli Cockram [leaders ministériels à Barrie] ont déménagé au Ghana pour remplir un poste en partenariat avec l’équipe d’implantation d’églises là-bas.

L’église ML Ecclesiax, à Ottawa, envoie déjà des équipes dans le Nord du Québec depuis quelques années, en partenariat avec les chrétiens aborigènes, pour stimuler la sainteté et la guérison dans les communautés des Premières Nations.

L’église ML Trull’s road, à Courtice, en Ontario, a envoyé cet été une équipe à Hyderabad, aux Indes, aux fins de partenariat continu entre eux, soit l’église ML New Horizons, de Sarnia, Ontario, et le District missionnaire de Hyderabad. L’équipe de cette année inclut le professeur retraité du séminaire Tyndale, Roy Matheson, qui a enseigné des pasteurs et des leaders sur la guerre spirituelle.
En parlant du partenariat de l’église Trull’s Road aux Indes, le Pasteur Barry Taylor suggère “qu’une grande partie du temps peut être utilisée uniquement pour préparer les choses qui se font localement pour la Grande Commission. Mais cette façon de penser peut créer trop d’égoϊsme, même si ce travail est en rapport avec l’œuvre du royaume. Le fait d’être occupés à devenir stratégiques et intentionnels au sujet de l’œuvre du royaume au niveau local et au niveau mondial nous empêche de gérer nos propres problèmes et besoins.

Wesley Chapel, à Toronto, ON, et l’église ML Northview, Regina, SK ont été des partenaires au Sri Lanka, en même temps que l’église ML Tamoul, de Mississauga depuis plusieurs années. L’équipe de cet été comprenait 3 personnes de Wesley Chapel et 4 personnes de Northview.

Chacun des ces partenariats s’est développé sur une période de plusieurs années. La première étape consiste à aligner la vision de leur église locale avec les possibilités de ministère à l’extérieur de leur église. Il s’agit ensuite de plonger dans les visites d’exploration risquées, développer des partenariats faisables entre personnes de cultures différentes, puis de s’embarquer dans des investissements à long terme sous forme de ressources et de personnes.

Les églises sont souvent intimidées par l’idée de développer un partenariat international. Le pasteur Barry Taylor croit que « Nous ne sommes sûrement parfaits dans cette entreprise. Nous nous efforçons de nous améliorer et d’être plus efficaces, et moins centrés sur nous-mêmes. Une des meilleures façons d’être efficaces pour combattre cette façon d’être est de regarder où Dieu est à l’œuvre dans le monde et de nous joindre à lui à cet endroit. Grâce à la direction du Saint-Esprit et à quelques ouvriers chevronnés (comme le pasteur Doug Griffin de New Horizons, à Sarnia), nous avons initié un partenariat avec l’Église méthodiste libre, aux Indes, plus spécifiquement avec le District missionnaire ML de Hyderabad. Même s’il s’agit de l’œuvre la plus lointaine dans laquelle notre église ait été impliquée comme partenaire, nous remarquons que le cœur des gens est en train de changer et ces gens se demandent ce qu’ils peuvent faire. Ils voient maintenant le monde de façon plus réaliste, plus large. »

Nous avons fait deux voyages, dont l’un en septembre 2004, lorsque je me suis rendu à Hyderabad avec Doug Griffin (une sorte de voyage de reconnaissance.) En août dernier, nous avons envoyé une équipe de 6 personnes pour ressourcer cette église et enseigner les pasteurs. Nous avons fourni des fonds pour supporter les pasteurs, ramassé de l’argent pour les aider à acheter une propriété pour le ministère et nous avons aussi aidé à développer la propriété existante. En retour, cette implication nous a permis de voir que Dieu est à l’œuvre partout dans le monde. Quel encouragement ce fut de voir que notre visite et l’encouragement que nous leur avons offerts avait béni cette église. Mais nous avons été encore plus bénis par eux et leur foi étonnante. »


Le révérend Dan Sheffield est directeur des Ministères interculturels et internationaux de l’Église méthodiste libre au Canada.

Thursday, November 02, 2006

Recette pour réussir sa vie

L'été dernier, je me suis amusé à courir. J'ai essayé d'être consistant depuis janvier 2005, quoique j'ai augmenté quelque peu le rythme durant l'été et j'ai couru à chaque jour.
Un jour, alors que nous étions en Idaho du Nord, j'ai voulu faire l'essai d'un nouveau sentier. C'était formidable, plaisant et excitant… pour les premiers 100 pieds environ. Voilà que le terrain du nouveau sentier s'est mis à changer tôt après le départ et je me suis mis à courir par dessus les racines et les pierres, en évitant les branches et en sautant par dessus des billots! C'était quasi impossible de maintenir une allure quelconque. Après seulement quelques pieds, je me suis rendu compte que j'aurais bien voulu regagner une route normale où j'aurais une plus grande visibilité et où je n'aurais pas à m'inquiéter au sujet des racines et des pierres, ni au sujet de ces choses qui semblaient vouloir m'attraper.

Cet incident m'a rappelé un poème intitulé :
" Une autobiographie en cinq courts chapitres "

Chapitre 1 Je marche sur la rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir.
Je tombe dedans . . .
Je réussis à en sortir après un temps interminable.

Chapitre 2 Je marche sur la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir.
Je fais semblant de ne pas le voir.
Je tombe dedans… à nouveau . . .
Je mets beaucoup de temps à en sortir.

Chapitre 3 Je marche sur la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir.
Je vois le trou.
J'y tombe quand même; c'est devenu une habitude...
Je m'en sors . . .

Chapitre 4 Je marche sur la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir.
Je fais le tour du trou.

Chapitre 5 Je marche sur une autre rue.

J'ai remarqué que je tombe parfois dans la même flaque de boue, une fois après l'autre et je refais de nombreuses fois les mêmes erreurs. J'ai réalisé qu'il y a certains cycles négatifs qui peuvent être très dommageables s'il n'y a aucun moyen de les contrôler. Un jour, j'ai fait une liste des bons et mauvais patterns et rythmes de ma vie. Voici ces patterns résumés en quelques courtes phrases : plus c'est gros, mieux c'est; il vaut mieux en avoir plus; mieux vaut être très occupé; le plaisir est réconfortant; l'aventure apporte la satisfaction; mieux vaut avoir de l'expérience; on doit tout avoir tout de suite.
Si ces patterns sont parfois positifs, ils peuvent aussi être négatifs. Par exemple, j'aime avoir une journée bien remplie. J'aime ajouter trois choses à faire dans une journée, juste pour voir si je peux accomplir tout ça. Je trouve ce défi amusant. Or, il m'arrive parfois d'en empiler un peu trop et c'est alors que la pression monte. La pression du temps trop chargé se fait sentir et le moindre détour pour contourner un projet de construction ou une restriction de vitesse et voilà que je ne trouve plus cela amusant, pas plus que mon fils qui est en retard pour le soccer.
L'été dernier a eu son histoire classique de vacances. Je me suis réveillé un matin et j'ai proclamé à ma famille " On va aller au Montana et admirer la campagne autour de Missoula ". Le panier de pique-nique rempli, nous nous sommes mis en route. L'aventure, la nature, le shopping, les arrêts au resto… et 204 kilomètres de la maison. Formidable! Mais voilà qu'il est 22h00 et je regarde tout à coup ma famille; ils sont exténués. Et… il nous reste toujours trois heures de route à faire. L'aventure n'était certainement pas aussi excitante pour Pam et les enfants que pour moi; ils dormaient. J'ai continué de conduire et… il s'est mis à pleuvoir.
Bien sûr, ces deux exemples (courir dans un sentier inconnu et le voyage en automobile avec ma famille) ne représentent quand même pas un danger de mort; ils ne représentent qu'un léger inconfort. J'ai certainement des patterns de comportements plus destructifs. Ce que je veux dire, c'est que nous avons tous certains de ces patterns et si nous les étudions attentivement, certains d'entre eux ont le potentiel de nous blesser, parfois même profondément, ainsi que les personnes qui sont autour de nous.
Voici donc ce que j'apprends, ou plutôt ce que j'essaie d'apprendre, au sujet des cycles négatifs de ma vie. Tirées de mon journal personnel, voici quelques réflexions concernant ces flaques de boue.

Gouttes de sagesse pour éclairer ma vie

Si tu ne sais pas comment tu es entré dans ce cercle, tu ne seras pas capable de trouver un chemin pour en sortir.

Si tu ne sais pas pourquoi tu as fait ça, tu ne seras pas capable de changer ta motivation.

Si tu es déterminé à apprendre de la façon difficile seulement, tu découvriras qu'il est difficile d'apprendre.

Si tu peux relier les points les uns aux autres et voir la relation de cause à effet, tu n'auras pas à subir une grande partie de la douleur que peuvent créer les flaques de boue dans ta vie.

Ne vois jamais tes situations éprouvantes sans tenir compte de tes actions. Arrête de rejeter le blâme sur les autres et sur tout. Si tu es dans la boue, c'est toi qui a décidé d'y marcher.
La question se pose ainsi: "Comment puis-je sortir de la flaque de boue une fois que j'y suis rendu? " Ou, mieux encore, " Que puis-je faire pour éviter de retomber dans la flaque de boue? " Je crois qu'il existe une recette qui répond à ces questions. Et cette formule est mieux définie en un seul mot… le DISCERNEMENT.
Le discernement, c'est la capacité de voir et de bien comprendre la vie et l'habileté nécessaire pour voir et comprendre le sens profond des choses. Le discernement est ce qui nous permet de comprendre les autres et aussi les situations, avec sagesse. Le discernement nous permet d'aligner notre intuition avec la vérité. C'est aussi ce qui nous permet de prendre les bonnes décisions et de faire les bons choix dans nos vies et dans nos familles. Si nous vivons sans discernement, nous pourrions en arriver à vivre de grands regrets. Le discernement est un cadeau exceptionnel de Dieu; c'est une bénédiction. Ce don est rare parce qu'une vie est nécessaire pour le développer et peu d'entre nous le découvrent. C'est une bénédiction parce que je crois que Dieu seul a le pouvoir de le faire grandir dans nos vies. Le discernement n'est pas uniquement une aptitude humaine que nous pouvons améliorer. Il s'agit d'un don surnaturel qui nous est donné par Dieu, par sa grâce et sa miséricorde.
Le discernement n'est pas quelque chose de génétique, ni un droit acquis. Il ne s'agit pas non plus de la chance. Ce n'est pas comme si on se levait un matin et que soudainement, on aurait un grand discernement. Au contraire, le discernement se développe dans nos vies par la grâce de Dieu et parce que nous le choisissons.
Le discernement implique un choix. Il grandit en nous au fur et à mesure que nous faisons des choix dans nos vies et selon notre marche avec Jésus. Ces choix produisent des choses extraordinaires qui éclairent le sentier qui se déroule devant nous et empêchent les patterns de comportement négatifs de diriger nos vies. Proverbes 2.2-5, 9-11 nous dit :
" Si tu prêtes une oreille attentive à la sagesse, et si tu inclines ton coeur à la raison, oui, si tu appelles l'intelligence et si tu élèves ta voix vers la raison, si te la cherches comme l'argent, si tu la recherches avec soin comme des trésors, alors tu comprendras la crainte de l'Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu. " (Proverbes 2.2-5)
" Alors tu comprendras la justice, l'équité, la droiture, toutes les routes (qui mènent) au bien, car la sagesse viendra dans ton cœur et la connaissance fera les délices de ton âme. La réflexion te gardera, la raison te protégera… " (Proverbes 2.9-11)
Trois mots ressortent de ce passage pour nous aider à avoir plus de discernement en tant qu'êtres humains. Ces mots sont la discipline, le discernement, et la prudence. La discipline est un entraînement qui produit la maîtrise de soi afin que nous ne tombions pas dans une flaque de boue. Le discernement est la capacité de voir la flaque de boue avant d'y être rendu. La prudence est la capacité d'agir avec précaution lorsque nous nous approchons d'une flaque de boue. Ces trois mots sont les clefs des secrets de la vie qui souvent ne sont pas très compliqués. Il est toutefois difficile d'expérimenter pleinement ces secrets durant notre vie.
La plupart d'entre nous savons que choisir de bien manger ferait une énorme différence pour notre santé et en rapport avec le processus de vieillissement. Nous savons que si nous faisons de bons choix alimentaires à tous les jours, cela peut avoir un impact très positif sur notre qualité de vie. Toutefois, il y a beaucoup de personnes parmi nous qui sont entraînées dans un cycle négatif concernant la nourriture. Nous mangeons parce que nous pensons que la nourriture nous rendra heureux ou bien nous mangeons parce que nous n'avons rien de mieux à faire. Il se pourrait même que nous mangions parce qu'il y a une abondance de nourriture au Canada. Par contre, mangeons-nous souvent en pensant à nourrir notre corps et en prendre soin? Nous ignorons souvent que la discipline, la prudence et le discernement concernant la nourriture peuvent nous aider à sortir de nos cycles négatifs et destructifs concernant la santé. Etre au courant de nos habitudes alimentaires et agir selon ces connaissances, voilà un bon discernement. Il s'agit souvent de prévention.
Prenons un autre exemple. Dans notre culture, nous avons une mentalité qui dit " Achetez maintenant; payez plus tard ". Parler de prudence, de discernement et de discipline dans une société basée sur la consommation est un peu comme nager à contre courant.
Un nouveau véhicule " SUV " ou un téléviseur géant, cette maison plus spacieuse ou cette merveilleuse opportunité d'affaires, toutes ces choses perdent leur attrait lorsqu'on devient esclave de ses dettes. La Bible nous offre des énoncés assez solides au sujet de l'argent. Je dirais même qu'elle nous parle plus de l'argent et de comment il nous affecte qu'elle nous parle de quoi que ce soit d'autre.
La Bible dit que l'argent et les biens matériels appartiennent en fait à Dieu. Il est le propriétaire et le distributeur de la vie et c'est lui qui possède tout et qui donne tout, incluant nos chèques de paie. Notre rôle, en tant qu'êtres humains au sein de la création, est de gérer le tout ou d'être de bons intendants des ressources qui appartiennent à Dieu. Nous avons la responsabilité de gérer les possessions de Dieu de telle manière qu'on puisse remarquer une différence positive en utilisant ce que nous avons reçu pour bénir d'autres personnes. Donner de l'argent, être généreux et utiliser les ressources de Dieu pour bénir d'autres personnes devrait être notre priorité #1. Pourtant, ce qui se produit plutôt, c'est que nous oublions la discipline, la prudence et le discernement et nous devenons de bons consommateurs plutôt que de bons intendants. Nous devenons excellents pour ce qui est d'acheter grâce au crédit instantané pour satisfaire nos désirs égoïstes.
Nous sommes alors accablés par une dette énorme qui exige une si grande partie de nos revenus que nous ne pouvons donner pour des besoins qui sont vraiment importants. En fait, il n'est pas sage d'agir ainsi et ce n'est pas ce que Dieu désire que nous fassions. Il sait combien nous pouvons avoir honte lorsque nous ne pouvons pratiquer la générosité. Il sait à quel point il est futile de rechercher l'argent à des fins égoïstes. Ecclésiaste 2.1-11 nous dit :
" Tout ce que mes yeux ont réclamé, je ne les ai pas privés; je n'ai refusé aucune joie à mon cœur; car mon cœur se réjouissait de tout mon travail; et c'est la part qui m'est revenue de tout ce travail. Puis, j'ai envisagé tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'avais prise à les faire; et voici que tout est vanité et poursuite du vent, il n'en reste rien sous le soleil. "
La " recette " de la discipline, du discernement et de la prudence fonctionne dans chaque domaine de la vie, qu'il s'agisse de votre emploi du temps, de vos amitiés et relations, ou de vos tâches journalières. Si vous relevez le défi de suivre cette " recette " pour une courte période de temps, je suis persuadé que vous en tirerez un profit énorme.
Pouvez-vous imaginer un instant ce que cette " recette " pourrait apporter à votre vie spirituelle? Imaginez l'effet que pourraient avoir certains choix minimes mais significatifs faits avec discipline pour faire grandir votre âme. Qu'arriverait-il si vous preniez seulement 30 minutes à chaque matin (ou en tout autre temps) pour explorer, investir et développer votre esprit? Vous pourriez apprendre à louer le Seigneur, vous pourriez étudier la Parole de Dieu, ou vous pourriez même vous asseoir et laisser Dieu prendre une plus grande place dans votre esprit, dans votre cœur et dans votre vie. Une petite routine spirituelle quotidienne de trente minutes qui mettrait l'emphase sur la discipline, le discernement et la prudence, si elle s'étale sur un an, peut faire une différence qui aurait une durée éternelle.
Dans une certaine région de la Malaisie, on cultive une certaine sorte de bambou qui a une très grande valeur. Ceux qui cultivent ce bambou sont au courant de la sagesse, de la patience et de la discipline qui sont nécessaires pour produire les résultats désirés. Durant la première année, ils plantent les graines, ils les arrosent et fertilisent le sol.
Durant la première année, rien de visible ne se produit. Durant toute la deuxième année, ils continuent d'arroser et de fertiliser soigneusement mais rien ne semble se produire non plus. Durant la troisième année, d'autre eau et d'autres fertilisants sont nécessaires mais, encore une fois, sans résultat visible. Il n'y a absolument aucune évidence visible que trois années de travail aient pu produire quelque résultat. La quatrième année arrive et ils doivent toujours arroser et fertiliser le sol en utilisant les bonnes quantités et aux bons moments. Vous avez deviné juste; toujours rien! Durant la cinquième année, les cultivateurs arrosent et fertilisent avec diligence. Et, soudainement, voilà que le bambou grandit et s'élève à 90 pieds en trente jours! Il ne s'agit pas de 9 pouces en trente jours, ni de 9 pieds en trente jours, mais bien de 90 pieds en trente jours! Le bambou passe de zéro à la hauteur d'un édifice de neuf étages… en trente jours. Voilà ce qui se produit si on fait de petits pas d'obéissance, de petites actions de discipline et de petits pas de foi. Ces petits pas produisent des résultats ahurissants avec le temps.

On éprouve un grand regret dans la vie si on reste sur la même rue et qu'on essaie d'éviter les mêmes flaques de boue. Mais on est récompensé grandement si on marche sur un sentier complètement différent en se servant de son discernement. Proverbes 4.18, 25-27 nous dit :
" Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante dont l'éclat va croissant jusqu'au plein jour. "
" Que tes yeux regardent en face, et que tes paupières se dirigent droit devant toi. Aplanis la route par où tu passes, et que toutes tes voies soient bien assurées. Ne dévie ni à droite, ni à gauche, écarte ton pied tu mal. "

…Et les bénédictions pleuvront sur toi.

Le révérend Dean Angell est pasteur senior à l'Église méthodiste libre Lakeview, à Saskatoon, SK. <>

Emmenons Jésus avec nous dans la rue

L'été dernier, je suis allé en mission. En fait, toute notre famille a participé à cette expédition. Nous avons préparé des provisions, nous avons chargé le tout dans notre véhicule familial et nous avons voyagé 10 minutes pour nous rendre… au centre-ville de Tillsonburg! J'ai bien dit le centre-ville de Tillsonburg. Nos provisions comprenaient des boissons gazeuses froides, des pamphlets et des bibles en espagnol ainsi que nos plus beaux sourires. Dans les parkings, les centres commerciaux, et sur la rue principale, nous avons partagé la Bonne Nouvelle avec des travailleurs saisonniers mexicains qui élisent domicile dans cette région pendant trois ou quatre mois, à chaque année.

Grâce à ce projet destiné aux personnes parlant espagnol du Sud-Ouest de l'Ontario, nous avons rejoint environ 18,000 travailleurs saisonniers qui vivent durant une partie de l'année de Simcoe à Windsor, au Sud de la route 401. L'été dernier, nous avons travaillé en partenariat avec la famille Gurrola de Mexico. Victor, Chayito, Karla, Ale et Dani Gurrola ont séjourné en Ontario pendant trois semaines. Victor est un gérant de banque à Mexico et il est aussi un évangéliste oint par le Seigneur. Ils ont passé trois weekends à Tillsonburg, accompagnés par Lloyd et Barb Peterson de Wilkesport. Les vendredis, dans l'après-midi et la soirée, lorsque les travailleurs venaient en ville pour faire leurs achats, nous formions des équipes pour couvrir la ville. Les boissons gazeuses ont attiré de nombreuses personnes. Victor commençait une conversation en espagnol et demandait aux mexicains de quelle partie du Mexique ils venaient. Ils parlait ensuite de " chez-nous " et enchaînait en parlant de l'espoir offert par Christ. Des groupes comprenant parfois jusqu'à dix personnes se rassemblaient pour écouter la Bonne Nouvelle. Plusieurs d'entre eux acceptaient des tracts et certains d'entre eux acceptaient même une Bible.


Durant ces six semaines d'évangélisation, environ 50 travailleurs saisonniers ont entrepris une relation personnelle avec Jésus-Christ. Dieu soit loué! Beaucoup de personnes sont revenues les semaines suivantes et ont posé d'autres questions au sujet de Jésus.


Après le départ de la famille Gurrola pour Mexico, d'autres personnes de la congrégation de Sarnia sont venues les vendredis pour nous aider.


Une de ces rencontres m'est restée en mémoire. Lors d'une de ces initiatives dans un centre commercial, nous avons rencontré un homme qui représentait un culte et distribuait de la littérature espagnole. J'ai parlé à un homme qui venait d'accepter un de ces magazines et, grâce à mon espagnol pitoyable et l'aide de Chayito qui ne parlait pas beaucoup l'anglais, nous avons dit à cet homme que la vérité qu'il recherchait se trouvait dans la Bible et non dans le magazine qu'il avait reçu. Nous lui avons offert une Bible en espagnol et nous avons prié avec lui. Nous l'avons revu environ une heure après. Il était avec des amis et leur lisait la Bible. Il nous a lancé un énorme sourire qui traduisait la joie qui remplissait son coeur. Nous l'avons revu une semaine plus tard. Il s'est souvenu de nous et nous a serré la main vigoureusement. Je me demande quelle influence il aura, au Mexique, lorsqu'il retournera vers sa famille et ses amis.


Nous avons aussi eu l'opportunité de rencontrer une congrégation parlant espagnol à Aylmer et un Pasteur de deux églises espagnoles à London. Au fait, saviez-vous qu'il y a dix églises espagnoles à London?


Si de bonnes choses se sont produites à Tillsonburg l'été dernier, nous nous attendons à des choses plus grandes encore l'année prochaine. Notre liste de souhaits comprend : un endroit bien en vue sur la rue principale où nous pourrons offrir l'accès au téléphone pour permettre aux travailleurs de faire des appels dans un minimum d'intimité, des vidéos en espagnol pour partager l'Évangile, des leçons d'anglais pour ceux qui veulent apprendre cette langue afin de pouvoir mieux communiquer au travail, des études bibliques, et des personnes parlant espagnol pour partager la Bonne Nouvelle.


Comment pouvez-vous nous aider?
Prier pour que les bonnes personnes viennent à Tillsonburgh et dans cette région l'été prochain pour partager l'Évangile durant les mois d'août à octobre.

Prier afin que nous trouvions un endroit très visible sur la rue principale.

Prier afin que nous puissions ouvrir cet endroit avec vitrine. Envoyer des dons afin d'aider à réaliser ces projets. (Cette initiative espagnole est un projet approuvé par la conférence.)

Prier pour que tous les travailleurs saisonniers transmettent la Bonne Nouvelle de Jésus lorsqu'ils retourneront chez-eux.

Prier afin que ce qui a débuté dans le Sud-Ouest de l'Ontario continue.

Il se peut que Dieu touche votre cœur afin que vous veniez à Tillsonburgh l'été prochain pour exercer un ministère dans ce champ de mission qui est à notre portée.

Veuillez communiquer avec le révérend Doug Dawson, pasteur à l'Église méthodiste libre de Tillsonburgh.

Révérend Doug Dawson, pasteur senior, Église méthodiste libre de Tillsonburg

Six questions pour les leaders

Dieu nous a donné la vision de voir des congrégations saines à la portée de tous les Canadiens et au-delà. Il est certain que pour voir cela se produire nous devons avoir des dirigeants sains qui dirigent l'église avec un discernement spirituel et des aptitudes qui sont synchronisés avec ce que le Saint-Esprit est en train d'accomplir. Mais, où trouverons-nous les principes de leadership qui nous aideront à continuer d'avancer vers la santé en tant qu'églises et en tant que dirigeants?

On a suggéré que si nous voulons comprendre comment Dieu travaille à créer et perpétuer la vie, nous devrions penser de façon organique et observer des principes qui sont de nature évidente. Considérez donc les six observations suivantes accompagnées de six questions… particulièrement si vous dirigez un ministère.


Les parties des organismes sains sont interdépendantes. La Bible est claire à ce sujet. L'Église devrait se voir comme étant un corps et observer comment les parties individuelles sont intégrées dans un système complet pour constituer un corps capable d'accomplir beaucoup plus qu'une seule partie ne le pourrait. Chaque personne est importante. Par contre, si une personne travaille seule, son impact est limité.

Question: De quelle manière le ministère que vous dirigez s'intègre-t-il dans le plan global de Dieu pour votre église et votre communauté?


Les organismes qui sont sains se multiplient. Un organisme ne continue pas de grandir sans jamais s'arrêter mais il reproduit une forme de " croissance " qui s'auto-multiplie. Un arbre, par exemple, ne fait pas que grandir; il sème des graines qui, à leur tour, produisent d'autres arbres qui formeront éventuellement un verger. C'est un peu ce que les Écritures nous démontrent lorsqu'elles utilisent la famille comme métaphore pour l'église. Les enfants naissent au sein d'une famille qui leur sert d'endroit sécuritaire et de soutien pour grandir et devenir matures. Par contre, si certains de ces enfants ne deviennent pas éventuellement matures et ne produisent pas leur propre famille, cette partie de la race humaine s'éteindra.

Question: De quelle manière le ministère que vous dirigez planifie-t-il de se reproduire pour édifier la famille de Dieu? (Ex. : des petits groupes qui donnent naissance à d'autres petits groupes, des congrégations qui implantent d'autres congrégations, des leaders qui surgissent et servent de mentors à de nouveaux leaders, etc.)


Les organismes sains sont capables de transformer l'énergie, même s'il s'agit d'énergie négative. A travers les âges, le Seigneur a utilisé la persécution et les crises pour faire avancer son œuvre. Les crises, tout comme des virus, attaquent le corps. Et si le corps l'ignore, ou pire encore, si le corps adhère à cette énergie hostile, il sera affaibli et pourra éventuellement être détruit. Par contre, si on fait face à ces crises avec un courage pieux et une foi confiante, elles peuvent fortifier le corps. La prière se fait plus intense. Les gens secouent leur indifférence léthargique. La crise est surmontée grâce à une réaction unifiée du corps.

Question: De quelle manière le ministère que vous dirigez réagit-il face aux crises?


Les organismes sains ont des systèmes qui servent à les soutenir. Les arbres produisent des feuilles pour qu'elles fassent le travail de photosynthèse. Lorsque les feuilles tombent de l'arbre, elles ne deviennent pas des rebuts. Si on laisse la nature accomplir son processus, elles pourrissent et deviennent de l'humus qui produit des nutriments nécessaires à la croissance future de l'arbre.

Conduire un ministère nécessite déjà beaucoup d'énergie. Qu'arrivera-t-il, toutefois, si chacun des leaders, alors qui dirige, investit de l'énergie dans une autre personne qui veut apprendre à conduire et qu'il lui offre des opportunités d'apprendre à diriger en observant et en accomplissant des choses. Lorsque le projet est terminé et le travail accompli, ce qui est plus important encore, c'est qu'un leader de plus sera sur la voie de la compétence. Le seul fait de continuer de cette façon permettra que tout un groupe de leaders soit formé pour soutenir et développer le ministère dans l'avenir.


Question: Pendant que vous exercez un ministère, y a-t-il quelqu'un, à vos côtés, qui est en train de développer des compétences spirituelles de leader?


Les organismes sains profitent des relations symbiotiques. Un oiseau minuscule, appelé " oxpecker ", réside au sein des animaux sauvages en Afrique. Parce qu'il enlève les tiques du corps des grands animaux comme les antilopes ou les zèbres, ce petit oiseau en tire son épicerie tout en protégeant les grands animaux des insectes qui sucent leur sang.

Il s'agit là d'un exemple de symbiose qui est défini comme " une vie intime partagée par deux organismes différents dans une relation qui leur est mutuellement bénéfique ". Divers dons spirituels et divers ministères peuvent exister dans une indifférence mutuelle ou sous une forme de compétition qui cause des conflits. Il est toutefois bien mieux si le plan du Créateur concernant l'interdépendance symbiotique est pratiquée.


Question: Le ministère que vous dirigez est-il en compétition avec d'autres ou êtes-vous intentionnellement à la recherche de moyens pour construire des relations " sans gagnant ni perdant " qui soient mutuellement bénéfiques avec d'autres ministères qui ont des buts et objectifs très différents de ceux de votre ministère?


Les organismes sains produisent des fruits. Cette observation peut ressembler singulièrement au principe de multiplication mentionné plus haut, mais retournons d'abord à la pommeraie. Chaque arbre sain se multiplie en même temps qu'il accomplit le dessein de son Créateur en produisant une récolte de pommes. S'il ne produit pas de pommes, étant donné que ce sont les pommes qui portent les graines qui deviendront de futurs arbres, les pommiers ne pourront se multiplier. Parfois, des ministères sont créés, mais après quelque temps, ils deviennent de moins en moins productifs pour diverses raisons. Il peut s'agir de changements dans un domaine du ministère, d'une perte de leadership, du manque de passion ou de vision, etc. Si un ministère diminue en productivité, il n'y a aucune possibilité de multiplication. Un émondage suscitera parfois un regain de vigueur mais il se pourrait qu'on doive mettre le projet au rancart.

Question: Le ministère que vous dirigez produit-il toujours les fruits pour lesquels il a été créé?


Les lecteurs avertis comprendront que j'ai voulu attirer leur attention sur les "Six principes biotiques identifiés par Christian Schwarz dans son livre "Le développement naturel de l'église". Je trouve qu'il a eu des idées vraiment formidables. Si nous gardons ces idées en tête, elles nous aideront à nous poser les bonnes questions alors que nous travaillerons ensemble pour développer des congrégations saines au Canada et ailleurs dans le monde sous la direction de leaders sains, spirituels et compétents. Je vous encourage à penser à ces six principes et à vous poser ces questions concernant les ministères que vous dirigez.

Le révérend Keith Elford est l'évêque de l'Église méthodiste libre au Canada.